Sud-Kivu : l’escalade des combats plonge la population dans une urgence humanitaire-CICR

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Sud-Kivu : l’escalade des combats plonge la population dans une urgence humanitaire-CICR

 Une équipe de la Croix-Rouge évacue un blessé par arme à Sange (Uvira, Sud-Kivu) Photo: Christian Bahati/CICR

Une nouvelle flambée de violences armées secoue les territoires d’Uvira, Walungu, Mwenga et Fizi, aggravant une situation humanitaire . En une semaine, les combats ont fait de nombreux blessés et provoqué un déplacement massif de populations, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui alerte . 

Dans les  affrontements, une équipe mixte du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC a réussi à évacuer 21 blessés par armes, dont sept enfants, depuis la zone de Sange jusqu’à l’Hôpital général de référence d’Uvira, soit un trajet de 40 kilomètres sous tension. Les blessés sont actuellement pris en charge par les équipes médicales appuyées par l’organisation humanitaire.

« Nous craignons qu’un grand nombre de blessés ne parviennent pas à trouver les soins médicaux dont ils ont désespérément besoin », alerte Djibril Mamadou Diallo, chef du bureau du CICR à Uvira. Les routes coupées et les combats très intenses rendent particulièrement difficile l’accès aux centres de santé, parfois même impossibles dans certaines localités isolées.

Depuis plusieurs mois, le CICR renforce les capacités de l’hôpital général d’Uvira ,  formations du personnel pour faire face aux afflux ,  dotation en intrants médicaux, renforcement en médicaments . Face au nombre croissant de blessés, l’organisation a annoncé le déploiement d’une équipe chirurgicale supplémentaire, afin d’éviter la saturation totale des services.

Les lignes de front se sont multipliées dans plusieurs zones habitées, laissant des milliers de civils pris au piège. « Des hommes, des femmes et des enfants sont restés terrés dans leurs maisons pendant plusieurs jours, sans pouvoir fuir les combats », explique M. Diallo. Ceux qui parviennent à s’échapper rejoignent les dizaines de milliers de déplacés internes, souvent sans ressources, forcés à l’exil en abandonnant leurs biens du jour au lendemain.

Le CICR rapporte une augmentation de l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact, notamment des obus et des roquettes, dans des zones densément peuplées. Ces attaques ont causé de graves pertes civiles et détruit des infrastructures , aggravant la détresse des populations locales.

L’organisation humanitaire rappelle que l’usage d’armes lourdes dans des zones habitées expose les civils à des risques disproportionnés et peut provoquer des attaques indiscriminées, interdites par le droit international humanitaire.

Le CICR appelle toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations , protection des civils, précaution dans la conduite des hostilités, réduction des dommages collatéraux, et facilitation de l’accès aux soins pour les blessés.

« Les populations civiles doivent être préservées et les infrastructures vitales protégées », insiste l’organisation, exhortant les groupes armés à garantir la sécurité des couloirs humanitaires et l’accès aux soins.

Alors que les combats se poursuivent, l’avenir reste incertain pour la population du Sud-Kivu, déjà éprouvées par des années de violences répétées. Les acteurs humanitaires redoutent une crise encore plus profonde si les hostilités ne diminuent pas .

Par Lucien Migabo

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