Dans une région marquée par l'instabilité et les conflits la jeunesse choisit la créativité comme réponse aux conflits. Ce mardi 25 novembre 2025 à Bukavu en province du Sud-Kivu, dans le cadre du projet « Consolidation de la paix et résilience transfrontalière dans la région des Grands Lacs », les jeunes du Sud-Kivu se sont réunis pour célébrer la paix et la cohésion sociale à travers l'art.
Soutenue par UKAID et mise en œuvre par le Life & Peace Institute en collaboration avec le PNUD, cette initiative organisée par Youth for Peace s'est tenue dans l'enceinte de la Communauté Sant’Egidio. L'événement a rassemblé plusieurs organisations locales autour d'une animations culturelles, dialogues intercommunautaires et expositions artistiques.
Une tribune pour « dire tout haut »
L'événement s'est transformé en un véritable plaidoyer . Tour à tour, chanteurs, dessinateurs, peintres et slameurs ont investi la scène pour présenter leurs œuvres et pour livrer ce qu'ils avaient sur le cœur.
Pour ces artistes, cette prestation c'est une manière d'exprimer les non-dits et de "dire tout haut ce que la population pense souvent tout bas". Selon les organisateurs, l'art s'impose ici comme un vecteur incontournable pour promouvoir le vivre-ensemble.
« Aujourd’hui, notre activité s'est démarquée par son approche originale. Nous avons invité des slameurs, des chanteurs et des peintres pour montrer une autre facette de l'expression de la paix. Nous avons vu comment une chanson ou un dessin peut transmettre des messages puissants, sensibiliser et insister sur le respect mutuel », explique Annie Binja, membre de Youth for Peace RDC.
L'art au service de la médiation
Un des moments forts de la journée fut le panel thématique intitulé : « L'art au service de la paix, de la résilience et de la cohésion sociale ».
Quatre panélistes ont démontré, chacun dans sa discipline, comment la culture peut désamorcer les tensions et favoriser la résilience. Ils ont abordé sans détour les défis que rencontre le secteur artistique dans la province du Sud-Kivu, tout en esquissant des perspectives d'avenir.
Pour Henriette Ramandizi, membre de l'organisation Vijana Shujaa et modératrice du panel,
« J'ai remarqué qu'à travers l'art, nous avons la possibilité d'exprimer nos ressentis profonds. L'art peut jouer un rôle majeur dans la médiation. C'est un outil capable de dénoncer la violence, de prévenir l'injustice et de réconcilier les cœurs. L'art rassemble les gens et favorise une véritable culture de paix entre les communautés. »
Une dynamique régionale
Les organisations locales présentes ont salué cette initiative qui ne se limite pas aux frontières locales. Elle s'inscrit dans une dynamique visant à renforcer les liens entre les communautés de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda.
En clôture de l'événement, les structures participantes ont réaffirmé leur engagement à multiplier ces actions en faveur de la cohésion sociale, ciblant prioritairement les zones les plus affectées par les conflits armés.
Par Lucien Migabo
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