Face à l'insécurité et à la précarité croissante dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), le Programme Intégré pour le Développement du Peuple Pygmée au Kivu (PIDP) connu sous le nom de PIDP kivu shirika la Bambuti a apporté ce 8 Octobre 2025 une assistance humanitaire urgente en vivre et non vivre au profit des communautés pygmées résidentes dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu.
PIDP tend la main aux communautés pygmées en plein de crise humanitaire
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Image prise par @Lucien Migabo
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions exacerbées par les conflits qui ravagent la RDC, plongeant les communautés autochtones dans une détresse .
Double peine : expulsion et conflit
Les communautés pygmées, déjà marginalisées, se retrouvent doublement victimes. Claude Byamungu, mobilisateur communautaire au sein PIDP, rappelle leur situation : « Le peuple pygmée a été chassé du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), n'a pas eu accès à des terres ni à des moyens de subsistance, et l'avènement des guerres est venu augmenter cette souffrance. »
Le PIDP a ainsi apporté une aide de première nécessité, bien que les besoins restent immenses. Claude byamungu a lancé un appel à la solidarité : « Nous invitons toute personne de bonne volonté à apporter une contribution à ce peuple autochtone pygmée pour soulager cette souffrance. »
Un engagement pour les femmes
Gloria Zihalirwa, facilitatrice communautaire au sein du PIDP, a souligné le rôle de l'organisation dans l'encadrement des femmes pygmées.
« Notre organisation intervient aussi dans la prise en charge des femmes pygmées en les sensibilisant à la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Le PIDP plaide pour les droits des femmes », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d'intégrer la dimension du genre dans l'aide humanitaire.
Jeunes et femmes réclament l'autonomisation
Lors de la distribution de l'aide, des membres de la communauté ont témoigné des difficultés quotidiennes auxquelles ils sont confrontés, soulignant que l'aide ponctuelle, bien que vitale, ne suffit pas à garantir leur avenir.
Jacques Nabanga, un jeune pygmée, a décrit un quotidien marqué par l'insécurité et l'absence de droits : « Étant jeunes, on n'a pas le droit de marcher, car on nous appelle les wazalendo (patriotes, terme souvent utilisé pour désigner des combattants ou des miliciens ), et si on le fait devant un membre de l'autre partie, c'est la mort. Nous n'avons pas d'occupation, chaque jeune a du mal à manger. »
Tout en remerciant PIDP, il a exprimé un souhait d'autonomie : « S'il y avait possibilité de nous donner quelques sommes, cela nous aiderait à lancer nos commerces. »
Même son de cloche du côté des femmes. M'Nabuci et Mukuzo Mwakanyeruka ont également demandé un soutien financier pour se prendre en charge. « Nous demandons un soutien financier pour nous prendre en charge. Actuellement, les femmes autochtones pygmées traversent des situations difficiles », ont-elles insisté, reconnaissantes de l'aide reçue.
Les témoignages montrent le besoin de passer de l'assistance d'urgence à des programmes de développement et d'autonomisation économique , afin de permettre à ces communautés de retrouver leur dignité et de construire leur résilience face aux multiples chocs qu'elles subissent.
Par Lucien Migabo
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