Depuis le 14 avril dernier, la situation sécuritaire dans la province du Sud-Kivu s'est gravement détériorée avec la prise de contrôle de la ville de Bukavu et de ses environs par les mouvements de l'Alliance Fleuve Congo et du 23 mars (AFC/M23). Ce bouleversement a entraîné une interruption totale des communications routières entre Bukavu et Uvira, rendant l'accès à Kamanyola, porte d'entrée d'Uvira, impossible pour les organisations humanitaires qui soutiennent la population en matière de soins sanitaires et d'aide alimentaire.
Les récents affrontements entre l'AFC/M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Katogota, un village à proximité de Kamanyola, ainsi que d'autres conflits à Uvira, ont provoqué des déplacements massifs de populations. Cette situation a aggravé la crise sanitaire.
Malgré ces défis, Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé des équipes d'urgence via des pays voisins pour fournir des soins vitaux aux communautés de Uvira et Kamanyola, situées de part et d'autre de la ligne de front. Ces efforts visent à renforcer l'accès aux soins dans cette partie où les besoins sont criants.
Selon Dr Aurora Revuelta, responsable médicale de MSF à Uvira, l'organisation a traité près de 400 blessés de guerre et 800 cas de choléra depuis février, en collaboration avec le ministère de la Santé. Trois centres de traitement spécifiques ont été mis en place pour répondre à ces urgences. De plus, plusieurs points d'eau potable ont été réhabilités afin de prévenir les maladies à potentiel épidémique.
À Kamanyola, grâce au soutien de MSF, 7 500 consultations médicales gratuites ont été réalisées en huit semaines, avec près de 40 % des patients étant des enfants de moins de cinq ans. Les principaux motifs de consultation incluent le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les diarrhées.
Les équipes de MSF se sont également engagées à améliorer les conditions d'hygiène dans les structures de santé soutenues. Cela inclut la réhabilitation de réservoirs d'eau, le vidage des fosses septiques dans les hôpitaux et le raccordement de plusieurs centres de santé à l'eau potable. Au total, plus de 14 000 m³ d'eau ont été distribués au cours de cette intervention, un effort pour prévenir la propagation des maladies, selon Dale Koninckx, coordinateur du projet MSF sur place.
Alors que l'accès aux soins se détériore en raison d'une réduction des acteurs humanitaires sur le terrain et des coupes budgétaires des États-Unis, MSF continue son engagement à fournir des soins médicaux aux communautés touchées par ce conflit.
Par Crispin Kulondwa
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