En République démocratique du Congo (RDC), près « de 28 millions de personnes sont maintenant confrontées à la faim aiguë », alerte le Programme alimentaire mondial (PAM) qui souligne que, dans la partie orientale du pays, « plus de 10 millions de personnes dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. »
Le Programme alimentaire mondial (PAM) appelle la communauté internationale à se mobiliser pour la République démocratique du Congo (RDC). Le pays fait face à une crise alimentaire sans précédent : près de 28 millions de personnes y sont en insécurité alimentaire aigüe, un chiffre jamais atteint auparavant et qui continue de monter en flèche.
Rien que ces trois derniers mois, 2,5 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la faim, alerte Eric Perdison, directeur régional de l’organisation.
Il indique que plus particulièrement dans l'est du pays, dans les provinces touchées par le conflit, les chiffres y sont alarmants : 10 millions de personnes sont en effet en insécurité alimentaire aiguë, rien que dans les quatre provinces susmentionnés et plus de 90% des ménages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne mangent plus à leur faim. Par conséquent, ils sont obligés de réduire la taille et le nombre de leurs repas, et de se priver des aliments les plus nutritifs.
Le PAM a rapidement besoin de 433 millions de dollars US
Car, le conflit a entraîné depuis trois mois des déplacements massifs. Mais, il perturbe aussi profondément l'agriculture locale. Dans le Nord-Kivu, l'un des greniers de la RDC, des milliers d'agriculteurs n'ont pas pu semer, d'autres ont vu leurs récoltes détruites ou pillées. Sans oublier l'insécurité qui perturbe les routes commerciales, complique le ravitaillement des marchés, et fait flamber les prix.
En visite à Goma la semaine dernière, Eric Perdison a décrit une véritable course contre la montre pour son organisation : elle a besoin de plus de 400 millions de dollars US pour poursuivre ses opérations d'urgence jusqu'en octobre prochain. Faute de quoi, "la moitié des bénéficiaires actuels pourraient être laissés pour compte", affirme le PAM, et des millions de personnes se retrouvent sans assistance vitale.
Par Crispin Kulondwa
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