Guerre dans l’est de la RDC : Quand l’attaque de Goma devient un champ de bataille médiatique, la vérité s’égare et les civils trinquent

Le 12 avril 2025, deux communiqués ont fusé des camps opposés du conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’un côté, le Gouvernement congolais par la voix de son ministère...

Guerre dans l’est de la RDC : Quand l’attaque de Goma devient un champ de bataille médiatique, la vérité s’égare et les civils trinquent

Le 12 avril 2025, deux communiqués ont fusé des camps opposés du conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’un côté, le Gouvernement congolais par la voix de son ministère de l’Intérieur. De l’autre, l’aile politique de la coalition M23-AFC. Deux narratifs, deux vérités différentes, et au milieu, un peuple pris au piège d’un chaos qui n’en finit pas.

Le Gouvernement accuse : 52 morts, près de 300 exécutions sommaires, des dizaines de viols, pillages, enlèvements, tortures, ...; la liste est glaçante, les mots pesés. À Walikale comme à Nyiragongo, Kinshasa pointe du doigt le M23 et son parrain [Rwanda], pour ce qu’il qualifie de crimes graves contre l’humanité. Et dans le même souffle, [Kinshasa] appelle la communauté internationale à sortir du silence.

Réplique immédiate et sans détour, du camp d’en face. Le M23-AFC accuse à son tour les FARDC, les miliciens Wazalendo, les FDLR et la SAMIRDC, de mener des attaques illégales, de saper les pourparlers régionaux, de violer les cessez-le-feu. Le mouvement chapeauté par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa se présente comme protecteur des civils et gardien d’une stabilité fragile dans les zones qu’il contrôle.

Mais alors, qui dit vrai ? Qui ment ? Qui manipule ? Et surtout, à qui profite cette guerre des récits ?

Pendant que les accusations s’échangent à coups de communiqués soigneusement rédigés, ce sont des milliers de civils qui paient le prix. Des familles déplacées, des villages vidés, des enfants traumatisés, des femmes violentées, des vieillards abandonnés. Dans les collines de Masisi, les vallées de Nyiragongo ou les forêts de Rutshuru, la peur est quotidienne, la survie devient un exploit.

La guerre des mots est aussi violente que celle des balles. Et dans cette cacophonie, la vérité semble introuvable. Chaque camp brandit des chiffres, des faits, des principes; mais la douleur du peuple, elle, ne se déguise pas.

Il est peut-être temps que les Congolais, et ceux qui les gouvernent ou les combattent, comprennent que la paix ne se construit pas sur les ruines d’une communication belliqueuse. Elle se bâtit sur des actes concrets, sur le respect de la vie humaine, sur la vérité [même inconfortable].

À défaut de pouvoir éteindre les armes, que chacun commence au moins par faire taire les mensonges.

Par Promesse Kakuru

Vous aimez cet article !, laissez un like s'il vous plaît....

Article associé

Vidéos associées

Aucune vidéo associée à cet article

Commentaires

Connectez-vous pour commenter.
Annonces
Annonces