L’opposant Martin Fayulu s’est exprimé, ce lundi 2 juin 2025, dans une adresse solennelle à la Nation, marquant un tournant dans sa posture politique face à la crise persistante en République démocratique du Congo. Dans un ton grave et déterminé, il a interpellé trois figures majeures de la scène politique : Corneille Nangaa, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
À Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et actuel chef rebelle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement allié au M23, Fayulu a lancé une mise en garde sans détour : "Il doit cesser d’être complice des massacres de nos compatriotes. Le sang congolais ne peut pas couler avec votre complicité."
Une accusation directe, dans un contexte où les violences dans l'Est de la RDC continuent d'endeuiller les populations civiles.
À Joseph Kabila, ancien président de la République, Fayulu a adressé un message ciblé sur sa présence à Goma, ville occupée par le M23-AFC depuis janvier 2025 : "Je vous exhorte à quitter Goma, cette ville martyre occupée avec la complicité de forces étrangères." Ce propos fait écho aux accusations selon lesquelles l’ancien chef de l’État serait impliqué, d’une manière ou d’une autre, dans la situation sécuritaire explosive dans les Kivu.
Enfin, à Félix Tshisekedi, président en exercice, Martin Fayulu a proposé une rencontre directe, tout en posant ses conditions : "Je vais vous voir, non pas pour une faveur, mais pour une discussion directe sans compromission, afin de trouver une issue digne à la crise existentielle. Pour que le Congo renaisse, mourons, et que notre mort soit utile."
Une déclaration lourde de symbolisme, qui renvoie à l’idée de sacrifice pour une nouvelle fondation de l’État.
Ce discours, qui intervient dans un contexte de tensions accrues entre Kinshasa et l’Est du pays, semble viser à relancer un dialogue politique national, tout en dénonçant les responsabilités internes dans la prolongation de la crise.
Martin Fayulu, qui continue de revendiquer la victoire à l’élection présidentielle de 2018, réaffirme ici son engagement pour une transition politique crédible, mais sans compromis sur la souveraineté du pays ni sur la justice pour les victimes.
Par la rédaction
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