"Accepter le changement de la constitution, c’est cautionner la misère du peuple congolais " -Bahati Rubango

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"Accepter le changement de la constitution, c’est cautionner la misère du peuple congolais " -Bahati Rubango

Depuis quelques temps, le président de la République Démocratique du Congo ; Felix Tshisekedi a engagé une procédure visant une éventuelle modification de la constitution, justifiée par le slogan "le texte n’est pas adapté aux réalités actuelles". Cette initiative suscite une  polémique au sein de la population, de la société civile et des partis politiques d’opposition.

La perspective d'une révision constitutionnelle a engendré une coalition d'acteurs de l'opposition qui s'élèvent contre ce changement. La crainte d'un troisième mandat pour le président en exercice s'est installée parmi la population et les opposants politiques. Plusieurs leaders politiques dénoncent cette démarche, suggérant qu'elle cache des intentions moins avouables.

Face à cette situation, la société civile avait organisé plusieurs marches pacifiques à travers le pays, arborant le slogan "Ne touche pas à ma constitution". Après une période de calme, les opposants se regroupent à nouveau pour lutter contre toute initiative visant à modifier la constitution.

Nous avons contacté Bahati Rubango, un acteur de la société civile et expert en gouvernance sécuritaire, pour qu'il partage son point de vue sur les conséquences  d'une révision constitutionnelle. Selon lui, cette révision n'est pas et ne sera jamais la solution aux problèmes du pays.

"J'exhorte le pouvoir de Kinshasa à respecter les textes et lois de la République, en priorité la constitution. Respecter les lois du pays, c'est ouvrir les routes de dessertes agricoles, équiper les forces de défense et de sécurité, stopper le détournement des deniers publics, payer les agents et fonctionnaires de l'État, et lutter contre d'autres formes d'anti-valeurs. Ce sont là des priorités", déclare-t-il.

Bahati Rubango reconnaît le droit des partisans de la révision constitutionnelle à exprimer leur opinion, mais les met en garde contre le risque d'instaurer une présidence à vie, voire une dictature. Il souligne l'incapacité du régime actuel à offrir des emplois aux jeunes, garantir la sécurité des Congolais, ou assurer l'accès à l'eau et à l'électricité.

"Ce n'est pas la constitution qui empêche Kinshasa de résoudre les problèmes d'embouteillages et d'insalubrité dans la capitale. Nous avons plutôt l'impression que leurs priorités sont ailleurs", regrette-t-il, faisant écho aux préoccupations exprimées par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), le Dr Denis Mukwege et d'autres acteurs des forces sociopolitiques.

Au lieu de risquer une déchirure supplémentaire dans un pays déjà fragile par une révision constitutionnelle, Bahati Rubango appelle le gouvernement de Kinshasa à mettre fin au détournement des fonds publics et à lutter contre les anti-valeurs au sein de la coalition au pouvoir. La question reste ouverte : la RDC peut-elle se permettre une telle modification constitutionnelle dans un contexte aussi délicat ?


Par Lucien Migabo

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