Cent ans après sa création, en 1925, le Parc National des Virunga (PNVi), situé à l’est de la République Démocratique du Congo, a marqué son centenaire, ce 21 avril 2025 à Beni, au Nord-Kivu. Classé patrimoine mondial de l’UNESCO, ce joyau naturel reste une référence en matière de biodiversité, mais paie un lourd tribut aux conflits armés persistants dans la région.
Aucune disparition d’espèce n’a été enregistrée en un siècle d’existence. Le parc abrite aujourd’hui 350 gorilles de montagne, dont 251 habitués au contact humain. Deux naissances ont été notées en 2025. Les éléphants, au nombre de 544, atteignent leur plus haut niveau depuis 40 ans, tandis que les hippopotames restent stables autour de 1.300 individus. Malgré des menaces constantes, les zones clés du parc demeurent protégées.
La moitié du territoire du PNVi est sous occupation de divers groupes armés. Environ 1.500 combattants, dont des éléments identifiés comme M23, ADF, Maï-Maï ou FDLR, opèrent aux abords du parc. Ces groupes tirent ensemble jusqu’à 30 millions de dollars par an des ressources naturelles exploitées illégalement. Depuis deux décennies, plus de 220 éco-gardes ont perdu la vie en défendant le parc.
Le parc mobilise aujourd’hui 1.516 agents (ICCN, Fondation Virunga, Virunga Énergies) et emploie en moyenne 1.353 journaliers par mois. Trois campements fortifiés ont été installés dans les zones critiques. Par ailleurs, 125 km de clôtures électriques facilitent la cohabitation entre les communautés et la faune, tandis que 577 km de limites ont été matérialisés sur les 1.011 km de périmètre du parc.
À travers l’Alliance Virunga, le parc investit dans quatre piliers : énergie, agriculture, pêche et entrepreneuriat. Quatre centrales hydroélectriques produisent actuellement 43,15 MW, fournissant électricité et eau potable à plus d’un million de personnes. En parallèle, 8.000 producteurs sont soutenus, 725 petites et moyennes entreprises ont accès à des microcrédits, et 5 millions de dollars sont versés chaque année au Trésor Public.
Depuis dix ans, le parc a contribué à la construction de neuf écoles, à la rénovation de trois centres de santé, et à la création de plus de 21.000 emplois indirects. Un programme spécial a permis la réinsertion de 1.000 anciens combattants à travers des projets productifs.
À l’occasion de ce centenaire, un appel solennel a été lancé à l’État congolais, aux partenaires internationaux et aux communautés riveraines pour renouveler les engagements. Le Parc des Virunga se veut être un symbole vivant de paix, de biodiversité et de souveraineté nationale. Son avenir dépendra des choix collectifs pour sa sécurisation et son développement.
Par Prosper Buhuru
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