À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences sexuelles liées aux conflits, célébrée le 19 juin de chaque année, le Caucus des Femmes appelle à une mobilisation. L'organisation attire l'attention sur la situation des femmes et des filles dans l'est de la République Démocratique du Congo, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Dans un entretien, Solange Lwashige, Secrétaire Exécutive du Caucus des Femmes, a décrit l'ampleur des violences sexuelles et le manque de soutien pour les survivantes. "En période de conflit armé, l'accès aux soins devient difficile", a-t-elle déclaré. Elle ajoute : "Les acteurs qui interviennent auprès des survivantes de violences sexuelles sont contraints de fuir. Les programmes de prise en charge sont suspendus, et les survivantes se retrouvent sans soutien."
Madame Lwashige souligne que la mobilité des survivantes est entravée dans les zones sous contrôle de groupes armés. Cela les isole et limite l'accès aux services. "Quand il y a moins d'acteurs sur le terrain, les survivantes sont abandonnées", a poursuivi Madame Lwashige.
Au-delà des obstacles sur le terrain, elle déplore la lenteur des partenaires techniques et financiers à adapter leurs stratégies en contexte de conflit. "Les bailleurs de fonds prennent du temps pour analyser le contexte et réfléchir à des stratégies d'intervention", a-t-elle indiqué. Elle explique : "Pendant ce temps, des cas de violences sexuelles surviennent sans réponse. Les femmes et les filles sont alors laissées sans prise en charge."
Elle rappelle que si les femmes et les jeunes filles représentent la majorité des victimes, des hommes et des garçons survivent aussi à ces violences. Ce fait demeure peu connu.
Ce 19 juin commémore la résolution 1820 (2008) du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui condamne l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. Cette date est l'occasion de rappeler le besoin d'une réponse coordonnée. "Nous connaissons des intervenants capables de répondre aux besoins des survivantes, mais il faut leur donner les moyens d'agir", a affirmé Solange Lwashige. Elle a conclu : "Il est temps que les discours cèdent la place à des actions."
Par Lucien migabo
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