Kalehe : Deux ans après les catastrophes de Bushushu et Nyamukubi, les sinistrés toujours livrés à eux-mêmes

Deux ans après que le territoire de Kalehe a été frappé de plein fouet par des catastrophes naturelles d’une ampleur tragique ayant coûté la vie à des milliers de personnes et causé d’importants dégât...

Kalehe : Deux ans après les catastrophes de Bushushu et Nyamukubi, les sinistrés toujours livrés à eux-mêmes

Deux ans après que le territoire de Kalehe a été frappé de plein fouet par des catastrophes naturelles d’une ampleur tragique ayant coûté la vie à des milliers de personnes et causé d’importants dégâts, la population, rassemblée en communion, ce dimanche 4 mai 2025, a commémoré cette journée en mémoire des âmes disparues.

À Bushushu, lieu du drame, une messe œcuménique a été organisée à la chapelle catholique de Kanyunyi. Plusieurs habitants y ont pris part, venus prier pour les leurs. Après l’office, la foule s’est dirigée vers Kamulanga, où une fosse commune abrite les corps retrouvés dans les décombres. Un moment de recueillement ponctué par le dépôt de gerbes et un bain de consolation, improvisé selon les moyens de chaque famille, dans une dignité silencieuse, mais douloureusement solitaire.

Clément Rubambiza, notable de Bushushu, déplore le fait que cette journée ait été marquée par l’absence totale d’accompagnement institutionnel, renforçant le sentiment d’abandon.

« La population s’est retrouvée seule avec les prêtres catholiques, livrée à son propre sort », a-t-il regretté.

Les sinistrés vivant dans le camp de Katashola, à Muhongoza, ont eux aussi, tenu une messe en souvenir des leurs. Tenant chacun une fleur jaune, symbole de lumière et de mémoire, ils ont honoré les victimes dans une atmosphère empreinte de foi, mais aussi de résignation.

Lawi Rushisha Chrispin, représentant des déplacés, parle d’un double drame : « Deux ans après, nous survivons à une seconde catastrophe, celle de l’oubli et du manque de prise en charge ». Le nombre de familles présentes dans le site de Katashola ne cesse de baisser, entre décès et départs liés à l’insécurité persistante. Le besoin d’assistance humanitaire reste criant.

À Kinshasa, l’Entente des ressortissants de Kalehe (ERTKA) a organisé une messe d’action de grâce à la paroisse cathédrale Notre-Dame de Lingwala, clôturée par un cocktail et des plaidoyers. Parmi les participants figurait le 2ᵉ Vice-président du Sénat, le professeur Modeste Bahati Lukwebo.

Des hommages similaires ont eu lieu à Bukavu et Goma, portés par la diaspora havy.

Mais pendant que les cérémonies se multiplient ailleurs, le site de Bushushu reste encore déclaré impropre à la construction, et pourtant, par résignation ou par nécessité, certains sinistrés y retournent. Sans solution durable, la menace d’un nouveau drame plane.

Pour rappel, le 4 mai 2023, une pluie torrentielle s’était abattue sur les hauts plateaux déboisés de Bushushu et Nyamukubi. Le sol, fragilisé, avait cédé, emportant vies humaines, maisons, écoles, centres de santé, marchés, et laissant un territoire blessé. Deux ans plus tard, le deuil persiste, mais l’écho des réponses attendues, lui, se fait toujours attendre.

Par Prince Assumani

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