Après près de trois années d'un soutien au Centre de santé de Kanyaruchinya, situé au nord de la ville de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, l'organisation internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé son retrait progressif, prévu pour fin avril. Cette décision fait suite à une diminution du nombre de consultations dans cette structure, conséquence de la décongestion des camps de déplacés environnants. MSF entend ainsi réallouer ses ressources vers d'autres centres de soins où les besoins humanitaires sont jugés plus urgents.
Selon Marcela Allheimen, Responsable des urgences MSF à Goma, cette adaptation de la réponse d'urgence est une nécessité face à l'évolution de la situation sur le terrain. "Les camps de déplacés autour de Goma se sont largement vidés, et nous constatons une forte baisse du nombre de consultations à Kanyaruchinya alors que les besoins augmentent ailleurs. Il est donc impératif pour nous d'adapter notre action à cette nouvelle réalité," a-t-elle déclaré.
Le bilan de l'intervention de MSF à Kanyaruchinya est significatif. En trois ans, les équipes ont assuré plus de 220.000 consultations médicales et assisté à plus de 7.500 accouchements. Un volet de leur travail a également concerné la prise en charge des victimes de violences sexuelles, avec près de 6.000 personnes ayant reçu des soins au sein du centre de santé.
Bien que le personnel de MSF ne soit plus présent dans le Centre de santé de Kanyaruchinya, à la fin du mois d'avril, l'organisation assure qu'elle continuera de suivre de près l'évolution de la situation humanitaire dans cette zone. Cette décision témoigne de la flexibilité et de la capacité d'adaptation de MSF face aux dynamiques complexes des crises humanitaires, privilégiant une allocation des ressources, là où l'impact sur les populations vulnérables peut être le plus important.
Par Lucien Migabo
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