Au cœur de la province de Maï-Ndombe, en République démocratique du Congo, l'indicible se déroule depuis 2022. Les milices Mobondo sèment la terreur, laissant derrière elles un sillage de mort et de désespoir. Plus de 1.000 civils ont déjà perdu la vie, mais ce sont les récits des femmes qui révèlent l'ampleur de la tragédie.
Témoignages de l'effroi
Josline Boleke, les yeux encore hantés par les images de la nuit du 8 décembre 2024, raconte : « Ils sont arrivés comme des bêtes sauvages. Ils ont tué nos maris, nos frères, sous nos yeux. Ils les ont découpés, comme des animaux. » Sa voix se brise. Ambongo Ekula, à ses côtés, hoche la tête, incapable de prononcer un mot. Leur ferme, un havre de paix au bord du fleuve Congo, est devenue le théâtre d'un massacre.
Cette nuit-là, elles ont été violées, comme tant d'autres femmes. Vingt femmes rassemblées dans une case, puis le feu. Neuf survivantes, marquées à jamais. « Ils voulaient nous effacer », murmure Josline.
Deux mois d'esclavage et d'humiliation
Sarah Batumbo et Christelle Senga ont été enlevées avec leurs bébés. Deux mois de captivité dans un sanctuaire Mobondo. Viols répétés, rites d'initiation forcés. « Ils nous ont traitées comme des animaux », lâche Sarah, le regard vide. Elles ont fui lors d'un affrontement, laissant derrière elles un morceau de leur âme.
L'appel à la justice
Ces témoignages, parmi tant d'autres, sont des cris de douleur qui résonnent dans le silence complice. Le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole des opérations Ngemba, l'assure : « Ces crimes ne resteront pas impunis. Nous les poursuivrons jusqu'au bout. »
Mais les mots suffisent-ils ? Les femmes de Maï-Ndombe ont besoin de plus. Elles ont besoin de justice, de protection, de reconstruction. Elles ont besoin que le monde entende leurs voix brisées et agisse.
Par la rédaction
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