Plus de 10 000 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont cherché refuge à l'hôpital général de Masisi et à la base de Médecins Sans Frontières (MSF) alors que les combats entre le M23/AFC et l'armée congolaise, appuyée par des éléments alliés, se sont intensifiés ce jeudi 09 Janvier 2024. La situation sécuritaire et humanitaire dans le territoire de Masisi reste extrêmement précaire.
« Il est difficile d’estimer leur nombre exact, mais je dirais que plus de 10 000 personnes y sont toujours réfugiées, dont une écrasante majorité de femmes et d’enfants », déclare Romain Briey, coordinateur du projet MSF à Masisi. Cet afflux massif met à rude épreuve les infrastructures existantes. « Nous commençons à avoir quelques craintes car les installations sanitaires ne suffisent pas à répondre à leurs besoins essentiels. Les latrines commencent à déborder, et nous faisons le maximum pour répondre à cette situation. Mais le manque criant d’acteurs humanitaires dans cette zone rend les choses difficiles », ajoute-t-il.
Ce n'est pas la première fois que ces structures accueillent un tel nombre de déplacés, une situation récurrente dans cette région en proie aux conflits armés. La semaine dernière, la population avait déjà trouvé refuge à l’hôpital général de Masisi et au centre de santé de Nyabiondo. Depuis, les équipes de MSF et du Ministère de la Santé sont mobilisées pour soigner les blessés, avec 77 personnes traitées entre le 2 janvier et ce jeudi matin.
Outre les soins aux blessés et les consultations régulières, les équipes de MSF s'efforcent de fournir de l'eau potable et des soins de santé aux familles réfugiées à l'hôpital. « Mais les besoins en alimentation vont rapidement se poser si la situation perdure », alerte Romain Briey. L'insécurité entrave également la capacité de MSF à évaluer les besoins et à envoyer des équipes dans d'autres zones du territoire, ou encore à transférer les patients en état critique vers Goma.
Face à cette situation volatile, MSF appelle toutes les parties au conflit à garantir la sécurité des patients, des équipes et des personnes réfugiées dans les structures sanitaires et humanitaires. « Ni le Ministère de la Santé, ni MSF ne sont en mesure d’assurer la sécurité de la population à l’intérieur de l’hôpital si les belligérants ne respectent pas leurs obligations au regard du droit international humanitaire », souligne Dr Lucien Kandundao, Médecin Chef de Zone de la Zone de Santé de Masisi. MSF appuie le Ministère de la Santé à Masisi depuis 2007.
Par Lucien migabo
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