L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a exprimé, le jeudi, son opposition à l’annonce de la réouverture prochaine de l’aéroport international de Goma pour les vols humanitaires.
Cette décision a été rendue publique à Paris, lors de la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée en présence de plusieurs partenaires internationaux.
Dans un message publié sur X (ancien Twitter), le coordonnateur politique du mouvement, Corneille Nangaa, a qualifié cette annonce d’« inopportune, déconnectée de la réalité sur le terrain et prise sans aucune consultation préalable ».
Selon lui, il est difficile de justifier une reprise des vols humanitaires à Goma alors que plusieurs territoires de l’Est du pays, notamment Walikale et Masisi (Nord-Kivu), ainsi que Fizi, Walungu et Mwenga (Sud-Kivu), subissent encore « des bombardements quotidiens du régime de Kinshasa » visant des infrastructures civiles, dont des ponts, usines, aérodromes et avions humanitaires.
Le mouvement dénonce la fermeture des banques dans ces zones, qui prive les habitants de l’accès à leurs épargnes.
L’AFC/M23 cite trois raisons pour lesquelles la décision de réouverture serait, selon elle, « prématurée » :
- la poursuite des attaques de drones contre des cibles civiles,
- la destruction d’avions humanitaires à destination de Walikale et Minembwe,
- et la fermeture de l’espace aérien dans les zones sous son contrôle, qu’elle juge « arbitraire » et destinée à faciliter des opérations militaires.
L’AFC/M23 appelle la France à adopter une « position juste et équitable » et réaffirme son engagement pour une paix véritable, fondée sur le dialogue et le respect des accords de Doha.
Le mouvement invite également la communauté internationale à soutenir les efforts de paix plutôt qu’un régime accusé, selon ses termes, « de persister dans sa logique de guerre ».
De son côté, le président Félix Tshisekedi a réagi en dénonçant les agissements du mouvement rebelle.
« La crise humanitaire en RDC est liée directement aux actions militaires menées par le groupe armé AFC/M23, soutenu sur les plans logistique, financier et opérationnel par le Rwanda, en violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de mon pays », a déclaré le chef de l’État, rappelant que cette réalité est « documentée et reconnue » par la communauté internationale.
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