En déplacement en Belgique, l’expert en gouvernance sécuritaire Bahati Rubango a exprimé de vives critiques à l’égard du président congolais Félix Tshisekedi, pointant une absence de vision stratégique et un leadership qu’il juge défaillant.
Dans une déclaration faite depuis Bruxelles, Rubango a souligné le contraste entre les infrastructures européennes et celles de Kinshasa, qu’il considère comme le reflet d’un déséquilibre institutionnel profond. « Félix Tshisekedi, qui a passé une grande partie de sa vie en Belgique, n’a pas su s’inspirer de ce modèle pour impulser un changement réel en RDC », affirme-t-il. Selon lui, le chef de l’État ne disposerait ni d’une vision claire pour le pays, ni d’un engagement sincère envers ses concitoyens.
Rubango estime que malgré l’exposition prolongée du président à des systèmes de gouvernance stables, les principes européens n’ont pas été adaptés à la réalité congolaise. Cette critique, partagée par certains membres de la diaspora, s’inscrit dans un débat plus large sur les défis structurels de la gouvernance en République démocratique du Congo.
Des défis structurels persistants
Plusieurs analystes tempèrent toutefois cette lecture. Ils rappellent que les difficultés de développement en RDC ne peuvent être attribuées à un seul acteur politique. Le pays fait face à des obstacles majeurs: institutions fragiles, corruption endémique, faible contrôle budgétaire et déficit de transparence dans la gestion des ressources publiques.
À cela s’ajoute une situation sécuritaire préoccupante, notamment dans l’Est du pays, qui mobilise une part importante des ressources nationales. Les détournements de fonds destinés aux infrastructures et aux services sociaux aggravent encore les inégalités et freinent les efforts de redressement.
La sécurité, condition du développement
Pour Bahati Rubango, la sécurité demeure un préalable indispensable au développement. « Tant que l’État ne contrôle pas l’ensemble de son territoire, toute vision de progrès est vouée à l’échec », affirme-t-il. Il considère que l’incapacité à restaurer l’ordre dans les zones de conflit témoigne d’un manque de maîtrise du pouvoir central.
L’expert interpelle également sur l’écart entre les visites présidentielles en Europe et les réalités locales. « Comment le président perçoit-il les routes impeccables de Bruxelles, puis celles, dégradées, de Kinshasa? », s’interroge-t-il, dénonçant une forme de déconnexion entre le pouvoir et les préoccupations du peuple.
Appel à la mobilisation citoyenne
Au-delà des critiques adressées aux élites politiques, Bahati Rubango appelle à une mobilisation citoyenne. Il invite les Congolais à exiger un leadership responsable et visionnaire. « Le changement ne viendra pas d’un homme providentiel, mais d’une volonté collective de reconstruire l’État », conclut-il.
Par Lucien Migabo
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