Sud-Kivu : La société civile s'oppose fermement à la modification de la constitution

"La modification de la constitution n'est pas opportune en ce moment, nous avons d'autres priorités", a déclaré avec force Maître Nene Bintu, présidente provinciale de la société civile du Sud-Kivu, l...

Sud-Kivu : La société civile s'oppose fermement à la modification de la constitution

"La modification de la constitution n'est pas opportune en ce moment, nous avons d'autres priorités", a déclaré avec force Maître Nene Bintu, présidente provinciale de la société civile du Sud-Kivu, lors d'une conférence de presse tenue le jeudi 13 juin 2024, au bureau provincial de la coordination de la société civile à Bukavu. Face à l'actualité politique en RDC, marquée notamment par des projets de révision constitutionnelle, la société civile du Sud-Kivu monte au créneau pour exprimer son opposition ferme à cette initiative. Mme Bintu a insisté sur le fait que "la population du Sud-Kivu fait face à de nombreux problèmes quotidiens qui devraient plutôt mobiliser les énergies". En effet, selon la présidente de la société civile, les habitants du Sud-Kivu souffrent notamment du "manque de routes praticables, d'une insécurité grandissante et de conditions de vie précaires". Elle pointe du doigt l'inadéquation de certains projets de modification constitutionnelle avec les réalités vécues par la population : "Plutôt que de se pencher sur des réformes constitutionnelles, il serait plus judicieux de s'attaquer à ces problèmes urgents qui affectent gravement le bien-être des citoyens". Des amendements oui, mais pas une révision en profondeur La société civile du Sud-Kivu n'exclut pas la possibilité d'amender certains articles de la constitution, à condition que cela se fasse dans un cadre consensuel et transparent. "Certains articles de la constitution peuvent effectivement nécessiter des ajustements", a concédé Néné Bintu. "Mais il est hors de question de se lancer dans une révision en profondeur de la loi fondamentale, surtout dans un contexte marqué par l'insécurité dans certaines provinces du pays". En effet, l'article 220 de la constitution de la RDC stipule clairement qu'elle ne peut être révisée en période de guerre ou d'état de siège. Or, deux provinces du pays, le Nord-Kivu et l'Ituri, sont toujours en proie à des conflits armés. Pour la société civile du Sud-Kivu, "il est impératif de rétablir la paix et la sécurité dans l'ensemble du pays avant d'envisager toute modification de la constitution". La société civile appelle au dialogue et à la concertation Face à cette situation, la société civile du Sud-Kivu lance un appel au dialogue et à la concertation entre toutes les parties prenantes. "Nous invitons le gouvernement, l'opposition et la société civile à se mettre autour d'une table pour discuter de l'avenir du pays", a déclaré Mme Bintu. "C'est ensemble que nous devons trouver des solutions durables aux problèmes qui minent notre nation, et non en fragilisant davantage nos institutions par des réformes constitutionnelles inopportunes". La prise de position de la société civile du Sud-Kivu met en lumière les préoccupations de la population face aux projets de modification constitutionnelle en RDC. Il reste à voir si cet appel au dialogue et à la concertation sera entendu par les autorités du pays. A lire aussi : Hausse des Taxes Routières Paralyse le Tronçon Bagira-Kabare

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