RDC : Violences sexuelles comme arme de guerre à Walikale

Dans les territoires en proie aux groupes armés de l'Est de la République démocratique du Congo, la terreur règne. A Walikale, en particulier, les violences sexuelles constituent une arme de guerre re...

RDC : Violences sexuelles comme arme de guerre à Walikale

Dans les territoires en proie aux groupes armés de l'Est de la République démocratique du Congo, la terreur règne. A Walikale, en particulier, les violences sexuelles constituent une arme de guerre redoutable, infligeant aux femmes et aux filles des souffrances physiques et psychologiques insoutenables. Calvaire des femmes Kanyere, 26 ans et mère de deux enfants, raconte le viol qu'elle a subi en septembre 2022, dans son champ près de Walikale. "Il m'a ordonné de me coucher sur le sol... il m'a fait tellement mal", confie-t-elle, la voix brisée par l'émotion. Depuis, chaque jour est hanté par le souvenir de cette atrocité. Muka, elle aussi, a subi le même calvaire en février 2023. "J'ai refusé et il s'est jeté sur moi, m'a étranglée et m'a violée", raconte-t-elle, la tête baissée. "Ce soir-là, je suis rentrée à la maison avec des douleurs au ventre et les jambes qui tremblaient". Un combat pour la dignité des femmes L'Organisation Non Gouvernementale de Droits de l'Homme AEDWA dénombre 1 724 cas de violences sexuelles entre janvier et début juin 2023 dans le territoire de Walikale, dont 711 femmes adultes et 913 filles mineures. Les conséquences physiques et psychologiques pour les victimes sont dévastatrices : lésions graves, infections sexuellement transmissibles, fistules, grossesses non désirées et traumatismes profonds. Immédiatement après une agression, il est crucial que les victimes se rendent dans une structure médicale pour une prise en charge d'urgence. Cela permet, dans les 72 premières heures, d'administrer des traitements préventifs contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH, et de proposer une contraception d'urgence. "Je veux changer de vie" : Espoir et résilience des femmes violées Dans les communautés de l'Est du Congo, et particulièrement à Walikale, le viol est souvent perçu comme une malédiction, synonyme de honte et de rejet. Les victimes, ostracisées par leur entourage, souffrent d'une double peine : le traumatisme de l'agression et l'isolement social. Muka confie : "Physiquement, l'acte est passé... mais le plus difficile aujourd'hui, c'est le rejet". Elle envisage de quitter Walikale pour se réfugier chez ses parents, par crainte des questions et des regards accusateurs. "Le plus difficile, c'est le rejet" Face à l'ampleur de la tragédie, des organisations internationales et des acteurs locaux se mobilisent pour briser le silence, sensibiliser les communautés et lutter contre la stigmatisation des victimes. L'accompagnement psychologique est indispensable pour aider les femmes à surmonter leur traumatisme et se reconstruire. Des programmes de réinsertion socio-économique permettent également aux victimes de retrouver leur autonomie et leur dignité. La reconstruction du tissu social passe aussi par la lutte contre l'impunité des auteurs de ces crimes. Des actions de plaidoyer et de sensibilisation auprès des autorités visent à garantir la justice et à prévenir de nouvelles atrocités. La lutte contre les violences sexuelles en République démocratique du Congo est un combat de longue haleine. Il nécessite une mobilisation collective et multiforme pour briser le cycle de violence, venir en aide aux victimes et bâtir un avenir où les femmes et les filles peuvent vivre en sécurité et en dignité. A lire aussi : Panzi Hospital in South Kivu: The Denis Mukwege Foundation receives an Iraqi delegation and reaffirms its commitment to victims of sexual violence

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