Plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort en RDC : CODHAS rassemble les acteurs de la société civile et les journalistes

Le Centre d'Observation des Droits de l'Homme et d'Assistance Sociale (CODHAS) a réuni ce jeudi 23 novembre 2023 à Goma, 23 acteurs de la société civile et professionnels des médias en matière de plai...

Plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort en RDC : CODHAS rassemble les acteurs de la société civile et les journalistes

Le Centre d'Observation des Droits de l'Homme et d'Assistance Sociale (CODHAS) a réuni ce jeudi 23 novembre 2023 à Goma, 23 acteurs de la société civile et professionnels des médias en matière de plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort en République Démocratique du Congo. La peine de mort ou encore la peine capitale est une sanction qui consiste à mettre fin à la vie d'une personne coupable des infractions graves telles que le meurtre, l'association aux malfaiteurs, la participation à un mouvement insurrectionnel, etc. Les participants regroupés dans deux parties, dont les rétentionnistes et les abolitionnistes, ont mené un débat houleux sur deux aspects majeurs: la sacralité de la vie humaine et le combat contre le récidivisme de la criminalité. Si les uns pensent que les criminels doivent être exécutés après le prononcé du jugement, d'autres estiment que la vie humaine est sacrée conformément à la constitution de la République Démocratique du Congo. De la divergence des opinions sur la peine de mort Pour Placide Nzilamba, coordonnateur national adjoint de la société civile, aligné dans le rang des abolitionnistes, la peine de mort doit être bannie en RDC. Cependant il exhorte au gouvernement congolais d'élaborer des réformes au sein de l'appareil judiciaire du pays. «Dans tous les pays où la peine capitale est d'application, c'est la maternité même du terrorisme. Prennez l'Afghanistan et tout le reste de pays où on applique même la charia, c'est là que le terrorisme bat record. Nous qui avons encore honneur à la vie, nous devons la privilégier. Si aujourd'hui on dit “tu tues on te tue”, je ne pense pas que cela réduirait la criminalité», a-t-il ému. En réponse, Christophe Muyisa coordonnateur national chargé de réseau au sein du mouvement citoyen Filimbi, aligné dans le rang des rétentionnistes, abolir la peine capitale des lois congolais encouragerait l'impunité et le récidivisme de la cruauté. «Les gens ont calciné des villages, ils ont tué des familles, ils ont participé dans des groupes de rébellions ; malheureusement, ils ont encore été promis par des mécanismes de grâce présidentielle, des amnisties et parfois même des libertés provisoires. Imaginez-vous, quel sera le sentiment des victimes qui ont vu les leurs être tués parce que seulement la loi n'autorise pas que l'assassin soit aussi tué. Donc l'application de la peine de mort, tant soit peu, peut soulager les familles des victimes sur le plan psychologique», a-t-il rétorqué. CODHAS tranche pour l'abolition de la peine de mort Le Centre d'Observation des Droits de l'Homme et d'Assistance Sociale (CODHAS) mène depuis quelques années une campagne pour combattre l'application de la peine capitale de mort. Cette organisation fait partie de la Coalition Mondiale contre la peine capitale, soutenue par l'Union Européenne. A en croire Maître Salama Kaje, consultante judiciaire au sein de cette structure, ses arguments tirent ses origines dans la loi fondamentale de la RDC. «Nous sommes entrain de militer pour que la peine de mort abolie et qu'on ne puisse plus prononcer la condamnation à mort en droit congolais. Notre constitution qui est même la loi suprême sacralise la vie humaine. C'est-à-dire dire que nous devons nous y conformer. Le code pénal et le code pénal militaires qui continuent à maintenir doivent être révisés», indique-t-elle. Ainsi, la journée mondiale contre la peine de mort unifie le mouvement abolitionniste mondial et mobilise la société civile, les dirigeants politiques, les juristes, l'opinion publique parmi d'autres pour soutenir l'appel à l'abolition universelle de la peine capitale. Depuis le 10 octobre 2003, date d'adoption de l'abolition de la peine de mort conformément aux lois et traités internationaux dont la charte de Rome, la République Démocratique du Congo connaît des avancées significatives en la matière, a témoigné Maitre Ruth Ngabo, défenseure judiciaire près le tribunal de grande instance de Goma. «La peine de mort ne favorise pas l'objectif de la justice qui est la réinsertion sociale. Nous pouvons dire avec force et avec précision qu'il y a eu des avancées ; car depuis 2003 jusqu'à nos jours, il y a toujours des prononcés de la peine capitale au niveau de nos juridictions, mais il y a pas de l'exécution.» Et bien, l'on ne doit pas encourager la Loi de Talion, autrement dit le Code d'Amourabie: «œil pour œil, dent pour dent.» Si au-moins les criminels sont déclarés coupables par les juges devant le tribunal, ils devaient écoper d'une sanction de «prison à mort», ce qui veut dire, que le condamné doit autrement servir la nation étant dans la prison.

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